Aurillac sous haute surveillance : entretien exclusif avec le maire Patrick sur l’hôpital, la police municipale et la sécurité vidéo

Aurillac sous haute surveillance : entretien exclusif avec le maire Patrick sur l’hôpital, la police municipale et la sécurité vidéo

Le 15 mars 2026, Patrick Casagrande remportait la mairie d’Aurillac. Président d’Aurillac Agglomération, il dirige la capitale cantalienne depuis ce printemps. À la fin de l’été, il a répondu aux questions de la rédaction sur deux chantiers sensibles : l’hôpital Henri Mondor et la sécurité.

Hôpital d’Aurillac : stationnement, recrutement et redressement financier

La question du stationnement à l’hôpital Henri Mondor reste un point douloureux. Les places réservées aux médecins, justifiées par les urgences, laissent peu d’espace aux patients. Une navette municipale a été lancée, mais son tracé ne convainc pas tout le monde. Le maire reconnaît qu’il faudra l’améliorer. Des places sont disponibles à la gare et au parking souterrain. Le tracé de la navette pourrait être prolongé jusqu’à ces sites.

Un espace contraint, des solutions à trouver

L’hôpital est en centre-ville, impossible d’élargir les murs. Une vingtaine de places supplémentaires pourraient voir le jour sur le haut du site. Pour le reste, la priorité est d’optimiser l’espace existant. Il faudra aussi déterminer qui a droit à une place attitrée. La nouvelle directrice, Clotilde Bancel, fera de ce sujet l’un de ses chantiers.

Ce casse-tête n’est pas propre aux hôpitaux. La gestion des places de stationnement d’un site sensible rejoint les mêmes préoccupations que la sécurité des parkings d’entreprise. Les flux, les usagers et les besoins varient : une solution unique ne fonctionne pas.

Fidéliser les soignants, un enjeu pour l’attractivité

La pédiatrie et la maternité restent des filières sous tension. La maternité tient l’été grâce à des renforts venus de Clermont-Ferrand. Pour retenir les médecins, Patrick Casagrande mise sur l’intégration du conjoint ou de la conjointe. Un logement adapté peut être trouvé via l’agglomération. Un accompagnement vers l’emploi est aussi proposé, avec l’aide de France Travail.

Un praticien qui se sent bien dans sa ville a envie d’y rester. Cette logique dépasse le simple cadre hospitalier. Le maire prend régulièrement la température des Aurillacois et transmet les retours à la direction de l’établissement.

Le déficit se réduit, l’activité repart

L’hôpital est déficitaire, comme la quasi-totalité des hôpitaux français. Sur les trois derniers exercices, le déficit s’était creusé. Le compte financier de 2025 montre un redressement. L’activité a bondi de 13 % en séjours. Le déficit annuel est passé de 11,1 millions d’euros à 6,2 millions.

Ce n’est pas un retour à l’équilibre, mais une dynamique encourageante. La nouvelle directrice devra poursuivre cet effort.

Police municipale : l’effectif monte en puissance

La campagne de recrutement suit son cours. Trois postes de policiers municipaux ont été ouverts au printemps. L’effectif actuel est de huit agents. Un neuvième est arrivé en avril, mais un autre est parti entre-temps. Deux postes ont été pourvus après les entretiens de juin. Les deux nouvelles recrues, en formation cet été, seront opérationnelles en septembre. L’effectif passera alors à dix agents.

Le maire assume un choix : recruter des profils venant de l’extérieur du Cantal. Une expérience dans une autre ville apporte un regard neuf et une certaine neutralité. Les deux postes restants seront rouverts en septembre pour atteindre l’objectif de 12 agents. Cette méthode de recrutement exigeante fait écho aux formations suivies par les futurs agents de sécurité en milieu urbain à Lyon, où le contact de terrain prime.

Armement létal : la décision n’est pas tranchée

Le maire écoute les agents sur leurs besoins en équipement. Il observe aussi les villes voisines. Rodez, Brive, Moulins et Vichy ont équipé leur police municipale d’armes létales. À Aurillac, rien n’est décidé. La protection des agents et de la population reste le critère principal.

Les mesures annoncées pour une présence renforcée

Patrick Casagrande veut une police municipale proactive. Il évoque une coordination plus étroite avec la police nationale, en partageant les lieux et les horaires. Plusieurs mesures concrètes sont sur la table :

  • 🚴 Une brigade à vélo dans le centre-ville les jours ouvrés.
  • 🌙 Une présence policière renforcée les jeudis, vendredis et samedis soirs.
  • 📍 Des secteurs prioritaires : place Gerbert, Gravier, cours d’Angoulême.
  • 🏪 Une attention particulière aux commerces qui ouvrent tôt, souvent tenus par une seule personne.

Le maire insiste sur un point : le sentiment d'insécurité a des effets réels. Des commerces perdent des clients, des prix immobiliers baissent. Chacun restreint sa liberté. Cette tranquillité est un atout pour l’attractivité de la ville.

Vidéoprotection : cap sur les 100 caméras

La promesse de campagne prévoyait 100 caméras sur le mandat. La municipalité affiche la couleur : l’objectif doit être atteint rapidement, pas à la veille de la fin du mandat. 45 caméras sont déjà en service. Huit ont été installées depuis l’élection. De nombreuses autres, en panne ou hors service, ont été remises en fonctionnement. 26 sont en cours d’installation.

Le choix du matériel et sa mise en œuvre méritent le même soin que pour une installation de caméra extérieure en 2026 : angle de vue, éclairage, qualité de l’image, maintenance. Une caméra mal posée ne sert à rien.

Les écoles et la zone commerciale en priorité

Les abords des écoles sont une priorité. L’école de la Jordanne recevra 10 caméras. L’école Tivoli en aura 8. Des intrusions récentes ont mis les services en alerte. La zone commerciale des Marmiers est aussi visée avec 6 caméras.

Voici les secteurs équipés ou en cours d’équipement :

  • 🏫 École de la Jordanne : 10 caméras
  • 🏫 École Tivoli : 8 caméras
  • 🛍️ Zone commerciale des Marmiers : 6 caméras
  • 🌆 Centre-ville et autres secteurs : le reste du déploiement

Le maire ne se contente pas de chiffres. Les caméras doivent dissuader et servir aux enquêtes. Leur emplacement est pensé en fonction des lieux sensibles. L’arrivée de caméras à l’école doit rassurer les parents qui laissent leurs enfants franchir la grille le matin.

L’enjeu dépasse la simple technique. La tranquillité publique conditionne l’attractivité d’une ville. Les familles hésitent à s’installer dans un secteur qu’elles jugent peu sûr. Les commerçants redoutent les incivilités. La vidéoprotection, si elle est bien pensée, apporte une réponse visible. Patrick Casagrande espère ainsi créer un cercle vertueux : plus de caméras, plus de sérénité, plus de visiteurs.

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